La sociologie de Niklas Luhmann



Author(s) : Salvino A. Salvaggio & Paolo Barbesino

Bibliographic details : Recherches Sociologiques, 27 (2) : 25-57

Date of Publication : 1996

Executive summary : Par le double biais (i) d’un approfondissement des apports post-structuralistes (M. Foucault) d’après lesquels l’humanisme de la pensée moderne ne représente qu’une phase de transition historique, et (ii) d’une reproposition de l’hypothèse postmoderne sur l’impossibilité de qualifier ontologiquement le monde, la théorie des systèmes autopoïétiques de Luhmann en vient à concevoir l’objet de la sociologie comme un objet qui s’autodécrit. Les autodescriptions de la société ne se produisent pas de manière aléatoire. Il y a chaque fois des conditions structurelles qui règlent la plausibilité des représentations; et l’évolution des sémantiques connaît des tendances historiques qui limitent l’espace de variation.
La sociologie est alors cette description de la société à l’intérieur de la société qui tente d’établir la signification des formes à l’intérieur de cette première forme qu’est la distinction entre le système social et son environnement. Cela implique une redondance des opérations qui président à l’observation/description — récursivité semblable à celle des opérations du système social dans son ensemble (dès lors que toute activité d’un système fonctionnel se fonde sur, et est alimentée par, d’autres activités du même système). De là, il découle que toutes les opérations d’un système fonctionnellement différencié prennent place au sein du système et jamais en dehors de ses limites. En d’autres termes, les observations, les distinctions, les sélections sont toujours des opérations récursives strictement internes au système.

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